Saviez-vous que les cancers ORL sont la quatrième cause de cancer en France ? Et pourtant, ils sont encore rarement détectés… Ils se trouvent juste derrière le cancer du sein pour la femme et le cancer de la prostate pour l’homme ! Et c’est un cancer qui touche plus souvent les hommes que les femmes, avec une répartition de 3/4 pour les hommes et 1/4 pour les femmes. Dans cet article, nous vous expliquons tout ce qu’il y a à savoir sur les cancers ORL, depuis leurs symptômes jusqu’à la phase de rémission en n’omettant, évidemment pas, le traitement.

Que sont les cancers ORL ?

Les cancers ORL sont également appelés cancers des voies aérodigestives. Ils regroupent toutes les formes de cancer qui peuvent se déclarer au niveau de la bouche, de la gorge et du cou. Et parmi les cancers ORL, on retrouve des cancers assez fréquents comme les carcinomes épidermoïdes de la gorge et de la bouche. D’ailleurs, ils représentent 80 % des cancers ORL. Ces carcinomes touchent principalement le larynx et le pharynx.

pharynx oropharynx
Coupe de la zone ORL fréquemment touchée par un cancer ORL : la bouche, la cavité nasale et la gorge avec ses voies respiratoires

Parmi les 20 % restant, il y a les cancers liés à la glande thyroïde, les cancers des glandes salivaires, les cancers du cavum (se situant à l’arrière du nez), etc.

Parmi les causes fréquentes de déclaration de ce type de cancers, on retrouve :

Les hommes sont nettement plus touchés par ce type de cancer que les femmes, puisqu’ils représentent 3/4 des cas qui se déclarent en France. On dénombre environ 14.000 nouveaux cas par an sur le territoire. Cette sur-fréquence chez l’homme est due aux modes de vie différents. En effet, les hommes ont toujours plus fumé et bu que les femmes. Cela dit, ces dernières années, le tabagisme est en hausse chez les femmes et en baisse chez les hommes. Et cela se voit dans les proportions qui augmentent sensiblement pour la femme avec ce type de cancer.

L’oropharynx est une localisation pour laquelle le taux de cancer a tendance à augmenter, notamment chez les jeunes adultes et chez la femme. Dans de nombreux cas, on retrouve le virus HPV. Pour rappel, ce virus se transmet principalement par voie sexuelle, et notamment le sexe oral.

La population la plus touchée sont la tranche d’âge de 50 à 64 ans.

S’il est détecté tôt, une chirurgie ou une radiothérapie peuvent suffire. Mais si la tumeur est plus grosse et / ou que l’on retrouve des métastases dans les ganglions, il faut alors passer à la chimiothérapie, un traitement plus lourd.

Quels sont les symptômes des cancers ORL ?

Chaque cancer a ses propres symptômes. Et puisque les cancers ORL regroupent une panoplie de cancers différents, il y a de nombreux symptômes dont les occurrences varient. La zone ORL est, en outre, une zone qui est souvent touchée par des microbes. Il est donc fréquent qu’un patient puisse se sentir mal, mais qu’il n’arrive pas à obtenir le diagnostic correct de la part de son médecin.

Exemple :

Une personne souffre de mal de cou. Celui-ci gonfle. Le médecin généraliste diagnostiquera en première instance, par exemple, une angine. Car les symptômes sont identiques et que la probabilité de souffrir d’une angine est beaucoup plus grande.

Mais si au bout d’un traitement antibiotique, le symptôme persiste. Et qu’il persiste pendant plusieurs semaine, alors le diagnostic sera revu. Et seul une radio ou une IRM pourront déterminer avec exactitude la cause de ce gonflement / de cette douleur.

En ce qui concerne les cancer de la bouche, c’est parfois le dentiste qui détecte le cancer à l’occasion d’un examen de routine ou d’un soin dentaire.

Des symptômes fréquents sont ceux qui touchent la voix elle-même. Par exemple, un enrouement,  une fatigue au niveau de la voix (on perd vite et souvent sa voix), des épisodes d’aphonie.

Lorsque les voies respiratoires et digestives sont touchées, on peut ressentir une gêne (en premier lieu) ou une douleur lors de la déglutition (à un stade plus avancé). En particulier lorsque des aliments solides passent par les tubes. A un stade plus avancé, même les liquides feront souffrir le patient. En outre, les cancers qui touchent cette zone entraînent souvent une difficulté respiratoire.

Il faudra noter que le diagnostic ne tombe pas toujours de manière précoce. Tout d’abord parce qu’ils sont difficiles à détecter, ce qui leur permet de se développer sournoisement. En fait, seul un examen de routine permet de les détecter de manière plus ou moins fortuite. Par la suite, ce sont des symptômes de longue durée qui amène les médecins à penser à un cancer. Enfin, chez certaines personnes (notamment les personnes alcooliques), ce type de cancer peut être détecté tardivement, car elles vont pue chez le médecin et prennent moins soin de leur santé.

diagnostic
C’est au médecin spécialiste de poser le diagnostic. Ce dernier est parfois tardif, ce qui complique les chances de guérison

Quels examens permettent de poser un diagnostic ?

Si le dentiste ou le médecin généraliste a un doute ou suspecte la présence d’un cancer, il renverra son patient vers un hôpital et un spécialiste. En effet, le médecin généraliste intervient en première ligne, mais cela ne l’empêchera pas de suivre l’évolution de son patient au jour le jour, puisqu’il fait de la médecine de proximité.

Lors de  la première consultation en clinique, on réalise un examen approfondi à l’aide d’une fibroscope. Cet examen permet d’aller directement voir la zone en question à l’aide d’une caméra. Un fibroscope est un long tube fin doté d’une caméra à son bout. On l’insère par le nez ou la bouche afin de visualiser l’intérieur de vos cavités.

Afin de poser un diagnostic fiable et sûr à 100 %, le médecin spécialiste demande le prélèvement d’une biopsie. Un bout de tissu de vos cellules qui sera analysé dans un labo. On y recherchera la présence de cellules cancéreuses. Soit on prélève un morceau de peau de la zone concernée, soit on prélève un échantillon sur un ganglion lymphatique.

Le recours à l’imagerie médicale est également possible. Cela permet de déterminer la position, la taille, la grosseur et la consistance de la tumeur. Cette pratique permet également de déterminer si la tumeur est reliée au système circulatoire sanguin. Les appareils utilisés sont le PET-Scan, la bronchoscopie, l’IRM, le scanner cervico-facial, etc.

Quels traitements ?

Il existe 3 approches conventionnelles au traitement des cancers ORL :

  • la radiothérapie
  • la chirurgie
  • la chimiothérapie

Le recours à telle ou telle option se fait en fonction du stade de la maladie. Les traitements sont proposés seuls, de manière successive ou simultanée en fonction de la situation.

Certains traitements sont plus lourds que d’autres. Et en fonction de l’hôpital, les interventions seront également plus ou moins lourdes. Il existe aujourd’hui des techniques très poussées qui permettent de réduire l’impact sur le patient et de raccourcir le temps de récupération post opératoire.

Ainsi, il existe la radiothérapie avec modulation d’intensité. Elle permet de délivrer des doses de radiation selon la nécessité, ce qui permet d’épargner les tissus sains environnants.

En chirurgie, l’utilisation de robot et la miniaturisation permettent de rendre les opérations moins invasives et moins lourdes. En outre, la reconstruction maxillo-faciale a fait beaucoup de progrès pour un résultat plus naturel.

chimiotherapie
La chimiothérapie est le dernier recours pour les cancers ORL, il s’agit d’un traitement lourd et handicapant pour le patient.

Un suivi global

Le traitement des cancers ORL pose un problème majeur, car ces cancers se situent dans une zone qui a des fonctions essentielles. Se nourrir, communiquer, respirer. Autant de choses que l’on fait naturellement et dont on a besoin pour vivre / survivre. C’est pour cette raison que le seul traitement de la cause est insuffisant pour la guérison du patient.

Ce dernier doit être suivi de près afin de s’assurer que toutes les fonctions vitales continuent de fonctionner correctement.

C’est ainsi que le patient est systématiquement suivi par un nutritionniste. Il s’assure que l’alimentation ne fasse pas défaut pendant et après le traitement oncologique. En effet, certains cancers entraînent une anorexie.

Pour les patients souffrant d’un cancer du au tabac ou à l’alcool, un plan de soutien st élaboré conjointement avec le médecin. L’abstinence et le sevrage tabagique sont visés puisque ce sont les deux principaux facteurs de risque des cancers ORL.

Lorsque le cancer ORL entraîne des troubles de la parole ou de la déglutition, le patient peut faire appel à un logopède qui lui permettra de récupérer sa diction. Il faut souligner que certains cancers se situent très près des cordes vocales. Lors d’une opération, ces dernières peuvent être touchées, ce qui entraîne une modification du timbre de la voix (ou implique un phénomène de « voix cassée » à vie). Ce genre d’effet secondaire peut avoir un impact psychologique fort sur l’individu qui ne reconnaît plus sa voix du jour au lendemain, après avoir vécu 30, 40, 50 ans avec elle. L’intervention d’un psychologue est alors nécessaire.

Quel suivi après l’éradication du cancer ?

Après avoir combattu le cancer, un nouveau combat commence. C’est la période que l’on nomme la période de rémission. Durant les années qui suivent la fin du cancer, le patient reste sous surveillance et se soumet régulièrement à des examens afin de s’assurer que les cellules cancéreuses ne reviennent pas en force ou ne se sont pas développées ailleurs. Les objectifs de ce suivi médical sont :

  • la détection d’une éventuelle récidive
  • le dépistage d’un nouveau cancer
  • la gestion des effets secondaires

Une récidive signifie que les cellules cancéreuses réapparaissent. Et cela peut se produire même des années après que la tumeur ait été enlevée.

Ce n’est qu’après la période de rémission que l’on considère le patient définitivement guéri. Arbitrairement, cette période de rémission a été fixée à 5 ans. Et même durant cette période, il faut parfois continuer à suivre un traitement.

En général, on prescrit un certain nombre de consultations, sur base régulière. Au début, tous les 2 à 3 mois, pendant les premières années. Ensuite, deux fois par an les années suivantes. Au plus le temps passe, au moins le risque de récidive est grand. Lors de ces examens cliniques, aussi bien généraux qu’ORL, le patient se soumet à des examens médicaux, comme un contrôle radiologique, un scanner, etc.

Un autre axe de suivi est de s’assurer que les facteurs favorisant l’apparition de ce type de cancer (et donc leur récidive) sont définitivement arrêté. En d’autres termes, on s’assure que le patient ne fume plus et ne consomme plus d’alcool. La poursuite de ce type de comportement augmente de façon importante la réapparition d’un second cancer.

chirurgie cancer orl
Il n’y a pas que le traitement du cancer ORL qui compte. Le suivi post op est crucial, car il diminue les risques de récidive

Quels sont les innovations dans la sphère des cancers ORL ?

Ces dernières années ont vu la médecine se focaliser sur ce type de cancer. En effet, étant devenu la cinquième cause de mortalité en France, une attention particulière y est portée. Ainsi, on utilise de nouvelles molécules de chimiothérapie. Et notamment le Taxotère qui est un produit dérivé de l’if. On lui adjoint deux autres molécules, le 5-fluorouracile et le cisplatine. Conjointement, ils permettent de mieux préserver les cellules saines du larynx, et d’améliorer le taux de survie.

Les chercheurs travaillent également à un nouveau mode de traitement. Ce dernier vise à empêcher la croissance des cellules tumorales et non leur destruction. D’autres pistes sont en cours et certaines avancées contre le cancer sont prometteuses.

En résumé

Les cancers ORL sont la quatrième cause de cancer en France et la cinquième en termes de mortalité

Les cancers ORL touchent les voies respiratoires et digestives supérieures (nez, bouche, gorge)

Les facteurs de risque sont l’alcool et le tabac; le virus HPV en moindre mesure.

Les hommes sont plus touchés que les femmes

La chirurgie est la première solution, mais en cas de cancer avancé, il faut recourir à la chimiothérapie

Le suivi se fait pendant plusieurs années après le traitement et implique de nombreux spécialistes

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